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Politique commerciale brésilienne

Un dossier préparé et dirigé par Pablo Gabriel Ferreira


Résumé

Si pendant les années 1990 le gouvernement brésilien a concentré sa politique commerciale dans sa propre région, notamment dans le cadre du Mercosul et des négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), à partir de la première décennie du XXIe siècle, la nouvelle administration de Lula adopta une politique plus globale, renforça les partenariats avec d’autres pays émergents et diversifia géographiquement la destination de ses exportations.

Le Mercosul demeure une union douanière imparfaite et les gouvernements des pays membres (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) n’ont pas réussi à avancer les négociations portant sur la liste d’exception, qui exclut certains produits du libre commerce dans le bloc. Principal partenariat du Brésil au sein du Mercosul, l’Argentine adopte, suite à la crise politique et économique de 2001-2002, des politiques plus restrictives pour les produits brésiliens, surtout dans le secteur de l’automobile et des produits électroniques, argumentant que l’importation de ces produits était en voie de détruire l’industrie nationale argentine. Si, d’une part, la création de Mercosul a augmenté les échanges brésiliens de biens et services dans le cadre du bloc (moins de 5 % des exportations brésiliennes en 1990 à plus de 13 % en 1993 et 17 % en 1999), de l’autre, le flux commercial entre le Brésil et les pays membres est resté stable pendant toute la durée des années 2000 (environ 10 %).

Les États-Unis demeurent le principal partenaire commercial du Brésil (environ 14 % des échanges), suivi de la Chine (10 %) et de l’Argentine (8 %). La position privilégiée des États-Unis dans les rapports commerciaux avec le Brésil a suscité dans les milieux politiques et technocratiques brésiliens l’expectative de la création prochaine d’un bloc commercial hémisphérique allant de l’Argentine au Canada. En 1994, les gouvernements des pays américains ont ouvert les négociations afin de créer la ZLÉA, mais ce n’est seulement qu’en 2002 que Washington reçut l’autorisation du Congrès pour signer des accords commerciaux au sein du cadre hémisphérique, et ce, tout en imposant néanmoins des conditions concernant les produits agricoles. En effet, la liste d’exception imposée par le gouvernement américain n’était pas favorable aux pays du Mercosul, notamment le Brésil. Suite à une série de dures négociations (Toronto en 1999, Buenos Aires en 2001, Québec en 2001, Quito en 2002 et Port d’Espagne en 2005), les gouvernements n’ont pas été capables de parvenir à un accord. Les gouvernements brésilien et américain ont été particulièrement intransigeants en ce qui concerne les produits agricoles, ce qui a bloqué le progrès des négociations et a mis le projet de la ZLÉA en échec.

L’élimination des barrières commerciales pour les produits agricoles est devenue l’épicentre de la politique commerciale brésilienne et la base de ses négociations auprès des organisations multilatérales, notamment l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Lors de la réunion ministérielle de Cancún (2003), dans le cadre du cycle de négociations de Doha, le gouvernement brésilien proposa la création du G20 (groupe de 20 pays en développement) afin de négocier en bloc contre les subventions des produits agricoles, mises en place notamment par les États-Unis et l’Union européenne (UE). Suite à l’échec des négociations sur les produits agricoles à Cancún (2003) ; Genève (2004) ; Hong Kong (2005) et encore Genève (2006, 2008), les puissances commerciales formèrent le G6, composé de l’Australie, du Brésil, des États-Unis, de l’Inde, du Japon et de l’UE, afin de parvenir à un accord de base sur les produits agricoles. En 2007, les gouvernements du Brésil, des États-Unis, de l’Inde et de l’UE se réunirent à Postdam, en Allemagne, pour permettre la continuité des négociations, mais les intérêts de l’Inde et du Brésil se sont révélés incompatibles avec ceux de Washington et Bruxelles. Le Ministère des Relations extérieures brésilien, responsable des négociations commerciales, demeure néanmoins optimiste en ce concerne la reprise des négociations.

Les négociations commerciales entre le Mercosul et l’UE sont paralysées pour des raisons semblables à celles de l’OMC. D’une part, le gouvernement brésilien a établi l’ouverture du marché européen aux produits agricoles des pays du Mercosul comme une condition sine qua non afin de continuer les négociations et, d’autre part, l’UE est inflexible par rapport à la Politique agricole commune (PAC). Les sommets Mercosul-UE de 2006 et de 2008 n’ont pas permis d’avancer à cet égard.

Comme réponse au retrait des États-Unis et de l’UE vis-à-vis de l’ouverture commerciale pour les produits agricoles, le Brésil a intensifié ses relations commerciales avec d’autres pays en développement, notamment au Proche-Orient, en Europe de l’Est et en Asie, où les exportations ont augmenté en moyenne de 35 % entre 2007 et 2008. En d’autres termes, le gouvernement a décidé de chercher d’autres marchés et a adopté comme stratégie le renforcement du commerce avec d’autres pays du Sud.

Tableau 1 – Exportations brésiliennes par destination (2008)

Tableau 2 – Importations brésiliennes par origine (2008)

Figure 1 – Exportations brésiliennes par secteur agrégé

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