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Pour un engagement actif du Canada dans les Amériques / For Canada’s Active Engagement in the Americas


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DÉCLARATION EN FAVEUR D’UN ENGAGEMENT ACTIF DU CANADA DANS LES AMÉRIQUES

Montréal, décembre 2015

Préparée par Victor Armony (UQAM) et Michèle Rioux (UQAM).

Premiers signataires : Mathieu Arès (Université de Sherbrooke), Max Cameron (University of British Columbia), Laura Macdonald (Carleton University), Jean-François Mayer (Concordia University), Cynthia Milton (Université de Montréal), Philip Oxhorn (McGill University), Viviana Patroni (York University), Pablo Policzer (University of Calgary), William Straw (McGill University), Irvin Studin (University of Toronto), Jean-Philippe Thérien (Université de Montréal).

Considérant que l’année 2015 est un jalon pour l’engagement du Canada dans les Amériques.

La présence du Canada dans l’hémisphère a gagné en importance depuis son adhésion à l’Organisation des États Américains, il y a 25 ans. En particulier, les liens d’investissement et de commerce se sont renforcés significativement, alors même que la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes vivaient de profondes transformations politiques et économiques. Par ailleurs, plus d’un million de personnes d’origine latino-américaine résident maintenant au Canada. Cette population s’accroît rapidement grâce à l’immigration, et aide au développement de réseaux de relations avec de nombreux pays des Amériques, y compris les États-Unis. Cependant, même si, durant la dernière décennie, les Amériques ont été identifiées comme étant une priorité de la politique étrangère canadienne, l’engagement du Canada dans les principaux forums régionaux ne reflète pas ces changements fondamentaux.

Considérant que l’avenir du Canada, même s’il n’est pas limité par les frontières géographiques, est étroitement lié à celui de la région des Amériques.

L’engagement du Canada dans le système interaméricain (y compris son appui financier à la Banque interaméricaine de développement, ses contributions volontaires à l’OEA pour des programmes spécifiques, son support à la Commission interaméricaine des droits de l’homme et aux missions d’observation électorale) est névralgique. En même temps, la politique canadienne d’aide au développement doit devenir plus généreuse. Le Canada est à même d’acquérir une grande visibilité et de devenir un acteur efficace à travers l’hémisphère, par-delà ses alliés proches ou les pays avec lesquels des accords de libre-échange ont été signés. En contribuant à la construction de rapports fondés sur le dialogue et la transparence entre les gouvernements, la société civile et le secteur privé, le Canada peut veiller à ses intérêts d’une façon socialement et écologiquement responsable.

Considérant que le rôle du Canada en Amérique latine et dans les Caraïbes doit être reformulé de manière significative et urgente.

Les efforts successifs pour s’engager dans les Amériques—à travers des initiatives comme la création de l’Unité de promotion de la démocratie—n’ont pas été adéquatement appuyés. Par conséquent, l’influence du Canada est devenue de plus en plus marginale au sein de la diplomatie multilatérale des Amériques. L’expertise du Canada concernant la région s’est affaiblie en même temps que son rayonnement diplomatique. Après avoir été exclu des nouveaux processus régionaux d’intégration, tels que la CELAC et l’UNASUR, le Canada doit faire de l’OEA un instrument clef de son engagement dans l’hémisphère.

Nous demandons au gouvernement canadien et à ses partenaires de l’OEA de :

S’engager dans l’hémisphère dans une perspective de partenariat panaméricain basé sur la bonne gouvernance et la citoyenneté inclusive. Le 15ème anniversaire de la Charte démocratique, en 2016, offre l’occasion de renouer avec un tel engagement.

Reconnaitre les remarquables innovations de l’Amérique latine sur le plan du processus démocratique ; contribuer à renforcer la capacité d’action des gouvernements dans la région ; et affermir le soutien multilatéral à la démocratie et à l’état de droit.

Placer les intérêts du Canada en matière de commerce et d’investissement dans le contexte d’un appui à une croissance durable et équitable. Cette approche devrait inclure un engagement ferme en faveur d’une politique d’aide au développement qui permette aux communautés (et en particulier à la jeunesse) de se responsabiliser et de s’autonomiser.

Répondre aux enjeux sécuritaires sur les plans local, national et régional, en lien avec la sécurité humaine et la protection des droits de la personne (face à des menaces violentes et non violentes, naturelles ou provoquées). Cette réponse devrait mobiliser les plus hautes sphères politiques, et ne pas se limiter au seul niveau technique.

Promouvoir un dialogue sur la responsabilité sociale entre le gouvernement, les entreprises et la société civile, en particulier en ce qui concerne les industries extractives et leur impact sur les communautés et l’environnement. Les entreprises canadiennes devraient être juridiquement responsables de leurs activités à l’étranger devant les tribunaux du Canada.

Promouvoir les échanges et offrir de l’assistance dans les domaines scientifique, technologique, culturel et social. La population canadienne d’origine latino-américaine et caribéenne peut jouer un rôle important dans un tel contexte.

Restaurer le prestige du Canada et regagner la confiance des pays de la région, notamment en jouant un rôle de premier plan au sein de l’OEA en matière d’équité de genre, de droits des autochtones et des minorités, d’immigration et de diversité culturelle.

Bâtir une stratégie canadienne pour les Amériques qui s’insère dans une vision plus large et cohérente de la place du Canada dans le monde, prenant en considération les interconnections transatlantiques et transpacifiques qui se développent continuellement.

Explorer la possibilité d’avancer vers un processus d’intégration hémisphérique fondé sur des objectifs communs et qui vise à susciter un développement autant humain qu’économique.

Le nouveau gouvernement canadien se dit voué à réaffirmer la place du Canada dans le monde et à contribuer activement à la diplomatie multilatérale. Cet engagement éveille de grandes attentes quant au rôle du Canada dans les Amériques. Ceux et celles qui ont participé à la préparation de cette déclaration observeront et évalueront annuellement le progrès du Canada sur chacun de ces neuf points.


DECLARATION ON CANADA’S ACTIVE ENGAGEMENT IN THE AMERICAS

Montreal, December 2015

Prepared by Victor Armony (UQAM) and Michèle Rioux (UQAM).

First signatories : Mathieu Arès (Université de Sherbrooke), Max Cameron (University of British Columbia), Laura Macdonald (Carleton University), Jean-François Mayer (Concordia University), Cynthia Milton (Université de Montréal), Philip Oxhorn (McGill University), Viviana Patroni (York University), Pablo Policzer (University of Calgary), William Straw (McGill University), Irvin Studin (University of Toronto),Jean-Philippe Thérien (Université de Montréal).

Considering that 2015 is a landmark year for Canada’s engagement in the Americas ;

In the 25 years as a member of the Organization of American States, Canada’s presence in the hemisphere has gained in importance. In particular, investment and trade linkages have strengthened substantially, while most countries in Latin America and the Caribbean went through momentous political and economic changes. Furthermore, over a million people of Latin American and Caribbean descent now live in Canada, a population that is rapidly growing through immigration and is bolstering people-to-people ties with many countries across the Americas, including the United States. But even if during the past decade these regions have been identified as priorities in Canadian foreign policy, Canada’s profile in their main fora has yet to reflect such fundamental shifts.

Considering that Canada’s future—even if not limited by geographical boundaries—is intertwined with that of the region to which it fully belongs ;

Canada’s commitment to the inter-American system (including its funding of the Inter-American Development Bank, its voluntary contributions to the OAS for specific programs ; its support of the Inter-American Commission on Human Rights and the electoral observation missions) is crucial. Yet, direct development assistance must also be an integral part of Canada’s foreign policy. Canada could become a powerful voice and an effective actor throughout the hemisphere—and not only with close allies or countries with which free trade pacts have been signed. By helping build relations based on dialogue and transparency among governments, civil society, and the private sector, Canada can advance its interests in a socially and environmentally responsible manner.

Considering that Canada’s role in Latin America and the Caribbean needs to be significantly and urgently reshaped ;

The successive efforts to engage with the Americas—including Canadian initiatives such as the creation of the Unit for the Promotion of Democracy—have not been followed through, with the consequence that Canada’s influence has become increasingly marginal in multilateral diplomacy. After having been left out of major regional integration processes, such as CELAC and UNASUR, Canada’s place in the OAS must be a key focus of its engagement in the hemisphere. Canada’s diplomatic visibility in Latin America and the Caribbean has, for the most part, actually diminished and Canada’s knowledge and expertise on the region continue to lag behind the country’s interests.

We urge the Canadian government and its OAS partners to :

Reengage the hemisphere with the vision of a Pan American partnership founded on good governance and inclusive citizenship—the celebration of the 15th anniversary of the Democratic Charter in 2016 can be a good opportunity to renew that commitment.

Acknowledge Latin America’s remarkable innovations in the democratic process and contribute to strengthening government capacity in the region as well as multilateral support for democracy and the rule of law.

Place Canada’s trade and investment interests in a broader agenda of support for shared and sustainable growth across the Americas, along with robust foreign aid spending that aims at empowering communities, especially youth.

Address issues of community, national, and regional security with regard to human security and protecting human rights (from violent and non-violent threats, natural and human-instigated crises)—not only at a technical level but also at the highest political level.

Endorse a return to dialogue on social responsibility between government, corporations and civil society, particularly regarding extractive industries and their impact on communities and the environment—Canadian companies should be made legally accountable in Canada for their actions abroad.

Promote exchanges and offer assistance in scientific, technological, academic, cultural, and social affairs—Canada’s growing population of Latin American and Caribbean background can play an important role in such context.

Reclaim Canada’s standing in the region as a trusted and leading player in the fields of gender equality, indigenous and minority rights, migration, and cultural diversity—fields in which Canada could be a leader within the OAS.

Build Canada’s strategy towards the Americas in a broader and coherent view of the Canadian presence in other parts of the world, as interconnections grow across the Atlantic and the Pacific.

Explore the prospect of a hemispheric integration process that seeks common grounds for both economic and human development.

As Canada’s new government has pledged to reengage the world and actively contribute to multilateral diplomacy, this creates high expectations regarding Canada’s role in the Americas. Those involved with crafting this declaration will monitor and report on Canada’s progress in each of these nine areas on an annual basis.

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