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	<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
	<link>https://ceim.uqam.ca/</link>
	<description>Le CEIM r&#233;unit des chercheurs de r&#233;putation internationale sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie politique des processus d'int&#233;gration et de mondialisation. Les th&#232;mes les plus importants d&#233;velopp&#233;s au CEIM sont : le r&#233;gionalisme, les institutions &#233;conomiques internationales, le commerce et l'investissement, le lien commerce-travail, la concurrence, les transformations du secteur des communications, les dimensions sociales et culturelles de la mondialisation.</description>
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		<title>Centre d'&#233;tudes sur l'int&#233;gration et la mondialisation (CEIM)</title>
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		<title>Sommet des Am&#233;riques 2015 : au-del&#224; de la rencontre historique entre Raul Castro et Barack Obama</title>
		
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		<dc:date>2015-05-31T21:34:41Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Sommet des Am&#233;riques qui s'est tenu au Panama les 10 et 11 avril 2015 restera marqu&#233; par la rencontre historique entre le pr&#233;sident am&#233;ricain, Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro. Apr&#232;s plus de cinquante ans d'opposition, les &#201;tats-Unis et Cuba ont convenu en d&#233;cembre 2014 de renouer leurs relations diplomatiques et la rencontre des deux chefs d'&#201;tat &#224; Panama est venue souligner leur volont&#233; de d&#233;finir une nouvelle &#232;re entre les deux pays. Au-del&#224; de cette rencontre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Sommet des Am&#233;riques qui s'est tenu au Panama les 10 et 11 avril 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
restera marqu&#233; par la rencontre historique entre le pr&#233;sident am&#233;ricain,&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro. Apr&#232;s plus de&lt;br class='autobr' /&gt;
cinquante ans d'opposition, les &#201;tats-Unis et Cuba ont convenu en d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
2014 de renouer leurs relations diplomatiques et la rencontre des deux&lt;br class='autobr' /&gt;
chefs d'&#201;tat &#224; Panama est venue souligner leur volont&#233; de d&#233;finir une&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle &#232;re entre les deux pays. Au-del&#224; de cette rencontre historique, ce&lt;br class='autobr' /&gt;
sommet a &#233;galement &#233;t&#233; le premier &#224; avoir r&#233;uni tous les pays de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'h&#233;misph&#232;re et celui lors duquel la volont&#233; de Washington de retrouver son&lt;br class='autobr' /&gt;
influence dans les Am&#233;riques aura &#233;t&#233; la plus marqu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Panama 2015 : le &#171; premier &#187; Sommet des Am&#233;riques&lt;br class='autobr' /&gt;
L'absence de Cuba a &#233;t&#233; l'une des particularit&#233;s du Sommet des Am&#233;riques, et ce,&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis la premi&#232;re &#233;dition, qui s'est tenue &#224; Miami (&#201;tats-Unis) en 1994. Ces&lt;br class='autobr' /&gt;
derni&#232;res ann&#233;es, l'int&#233;gration de la r&#233;publique communiste dans les affaires&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#233;misph&#233;riques &#224; travers l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA) et le Sommet&lt;br class='autobr' /&gt;
des Am&#233;riques a &#233;t&#233; le principal point de discorde entre les &#201;tats-Unis et les pays&lt;br class='autobr' /&gt;
latino-am&#233;ricains. Pour ces derniers, la coop&#233;ration interam&#233;ricaine ne pouvait &#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;br class='autobr' /&gt;
totale et r&#233;elle avec l'exclusion de Cuba de l'OEA, en vigueur depuis 1962. En 2009,&lt;br class='autobr' /&gt;
cette exclusion est lev&#233;e, mais La Havane &#8211; qui consid&#232;re l'OEA comme une&lt;br class='autobr' /&gt;
institution &#224; la solde de Washington &#8211; n'int&#232;gre pas l'organisation, pr&#233;f&#233;rant&lt;br class='autobr' /&gt;
participer activement &#224; la cr&#233;ation de la Communaut&#233; des &#201;tats latino-am&#233;ricains et&lt;br class='autobr' /&gt;
carib&#233;ens (Celac). C'est dans un contexte de rapprochement avec les &#201;tats-Unis&lt;br class='autobr' /&gt;
initi&#233; en d&#233;cembre dernier que Cuba a particip&#233; pour la premi&#232;re fois au Sommet des&lt;br class='autobr' /&gt;
Am&#233;riques d'avril 2015. Il est &#233;vident que les divergences restent nombreuses entre&lt;br class='autobr' /&gt;
Washington et La Havane, notamment sur la question des droits de l'homme, mais la&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sence de Raul Castro &#224; Panama constitue un fait marquant de la participation et&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'implication de tous les pays &#224; la rencontre continentale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de ce sommet, dont le th&#232;me principal &#233;tait &#171; Prosp&#233;rit&#233; avec &#233;quit&#233; : le d&#233;fi de&lt;br class='autobr' /&gt;
la coop&#233;ration dans les Am&#233;riques &#187;, aucun engagement fort n'a &#233;t&#233; pris concernant&lt;br class='autobr' /&gt;
les principaux enjeux qui affectent la r&#233;gion comme la corruption, la lutte contre les&lt;br class='autobr' /&gt;
in&#233;galit&#233;s, la criminalit&#233; et les droits de l'homme. La rencontre entre les pr&#233;sidents&lt;br class='autobr' /&gt;
cubain et am&#233;ricain a &#233;clips&#233; les autres enjeux de ce sommet, qui aura &#233;t&#233; une&lt;br class='autobr' /&gt;
occasion pour le gouvernement am&#233;ricain de r&#233;affirmer, s'il le fallait encore, qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
reste un acteur incontournable de la coop&#233;ration interam&#233;ricaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama, l'autre gagnant de ce sommet&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on devait d&#233;signer un gagnant &#224; la suite de ce sommet, il est &#233;vident que le nom&lt;br class='autobr' /&gt;
de Raul Castro ressortirait, lui qui a r&#233;ussi &#224; placer son pays au-devant de la sc&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
de la plus grande rencontre h&#233;misph&#233;rique &#224; l'occasion de sa premi&#232;re participation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, on ne peut ignorer le capital politique que le pr&#233;sident Barack Obama&lt;br class='autobr' /&gt;
s'est procur&#233; lors de ce sommet. Aux yeux du monde et en particulier de l'Am&#233;rique&lt;br class='autobr' /&gt;
latine, le pr&#233;sident Obama est celui qui s'est montr&#233; le plus ouvert et le plus dispos&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; r&#233;tablir les relations diplomatiques avec Cuba et m&#234;me le pr&#233;sident Castro l'a&lt;br class='autobr' /&gt;
qualifi&#233; &#171; d'homme honn&#234;te &#187;. Si l'on peut remettre en question les r&#233;elles intentions&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; &#233;conomiques notamment &#8211; qui motivent le pr&#233;sident Obama dans son&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprochement avec La Havane, c'est bien sous son leadership que ce&lt;br class='autobr' /&gt;
rapprochement a &#233;t&#233; possible et que Cuba a rejoint le concert des &#201;tats am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barack Obama a &#233;galement r&#233;ussi &#224; calmer un diff&#233;rend qui est survenu quelques&lt;br class='autobr' /&gt;
semaines avant le sommet de Panama avec un pays alli&#233; de Cuba : le Venezuela. En&lt;br class='autobr' /&gt;
marge de l'actuelle crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, le pr&#233;sident Obama avait d&#233;clar&#233; que le &lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;br class='autobr' /&gt;
Venezuela constituait une menace pour son pays et il avait par cons&#233;quent appliqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
des sanctions &#8211; gels d'avoirs et interdictions de visa &#8211; contre sept dirigeants&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;n&#233;zu&#233;liens. Cette d&#233;cision avait &#233;t&#233; largement condamn&#233;e par les pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
et il est &#233;vident qu'une augmentation de la tension avec Caracas au&lt;br class='autobr' /&gt;
moment o&#249; Washington souhaite normaliser ses relations avec La Havane s'av&#233;rait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre incoh&#233;rente avec la volont&#233; du pr&#233;sident am&#233;ricain de r&#233;affirmer le r&#244;le central&lt;br class='autobr' /&gt;
des &#201;tats-Unis en mati&#232;re de coop&#233;ration continentale. Ainsi, juste avant le sommet,&lt;br class='autobr' /&gt;
Thomas Shannon, un conseiller du d&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain, s'est rendu au&lt;br class='autobr' /&gt;
Venezuela o&#249; il s'est entretenu avec le pr&#233;sident Nicolas Maduro et avec la ministre&lt;br class='autobr' /&gt;
des Affaires &#233;trang&#232;res, Delcy Rodriguez, pour apaiser les tensions entre les deux&lt;br class='autobr' /&gt;
pays. Lors du Sommet des Am&#233;riques, le pr&#233;sident am&#233;ricain s'est ensuite entretenu&lt;br class='autobr' /&gt;
avec son homologue v&#233;n&#233;zu&#233;lien, m&#234;me si aucune grande d&#233;cision n'est ressortie de&lt;br class='autobr' /&gt;
cet entretien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les diff&#233;rends entre les deux pays restent importants, mais en se pr&#233;sentant au&lt;br class='autobr' /&gt;
sommet dans un esprit d'apaisement des relations avec la r&#233;publique bolivarienne, le&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sident am&#233;ricain s'est vraisemblablement attir&#233; les faveurs de pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
comme le Br&#233;sil, qui s'est propos&#233; comme m&#233;diateur entre les deux pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, ce modeste rapprochement n'emp&#234;che pas les &#201;tats-Unis de chercher &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;duire l'influence du Venezuela dans les Cara&#239;bes. En effet, avant sa venue au&lt;br class='autobr' /&gt;
Sommet des Am&#233;riques, le pr&#233;sident Obama s'est rendu en Jama&#239;que, o&#249; il a&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;fendu l'Initiative de la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique des Cara&#239;bes aupr&#232;s des dirigeants des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats de la Communaut&#233; carib&#233;enne (Caricom). Cette initiative, qui est pr&#233;sent&#233;e par&lt;br class='autobr' /&gt;
Washington comme un projet visant &#224; aider les pays carib&#233;ens &#224; sortir de leur&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, constitue plut&#244;t une alternative &#224; Petrocaribe, qui est une&lt;br class='autobr' /&gt;
alliance permettant la vente de p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#224; un tarif pr&#233;f&#233;rentiel en faveur&lt;br class='autobr' /&gt;
de 17 pays carib&#233;ens et qui a &#233;t&#233; lanc&#233;e par le Venezuela en 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, le sommet de Panama a permis aux &#201;tats-Unis de r&#233;affirmer leur&lt;br class='autobr' /&gt;
leadership dans l'h&#233;misph&#232;re. &#192; travers le rapprochement avec Cuba, l'att&#233;nuation&lt;br class='autobr' /&gt;
de la tension avec le Venezuela, la consolidation des relations avec les pays latinoam&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
et carib&#233;ens, les &#201;tats-Unis cherchent &#224; retrouver une part de l'influence&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils avaient autrefois dans les Am&#233;riques. Pour Cuba, cette rencontre a constitu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
une nouvelle &#233;tape dans sa qu&#234;te de reconnaissance internationale. Toutefois, avec&lt;br class='autobr' /&gt;
cette premi&#232;re participation de Cuba au Sommet des Am&#233;riques, la question de &lt;br class='autobr' /&gt;
4&lt;br class='autobr' /&gt;
l'adh&#233;sion de l'&#238;le des fr&#232;res Castro aux principes de l'OEA se pose d&#233;sormais avec&lt;br class='autobr' /&gt;
plus d'insistance. Cuba &#233;tant souvent critiqu&#233; pour ses manquements d&#233;mocratiques,&lt;br class='autobr' /&gt;
il sera int&#233;ressant d'analyser sa position face &#224; la Charte d&#233;mocratique de l'OEA,&lt;br class='autobr' /&gt;
dont les fondements sont la bonne gouvernance, le respect de la d&#233;mocratie, des&lt;br class='autobr' /&gt;
droits de l'homme et des institutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ?</title>
		
		  <link>https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-ceim&amp;id_article=9771</link>
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		<dc:date>2015-04-20T10:50:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



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&lt;p&gt;CHRONIQUE L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ? Par Mamadou Lamine Sarr* Le 18 mars dernier, l'ancien ministre uruguayen des Affaires &#233;trang&#232;res, Luis Almagro, a succ&#233;d&#233; &#224; Jos&#233; Miguel Insulza au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA). &#201;lu en 2005 puis r&#233;&#233;lu en 2010, M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'organisation continentale un acteur incontournable dans l'h&#233;misph&#232;re. En raison notamment de son manque de leadership et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CHRONIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'OEA sous Jos&#233; Miguel Insulza : une d&#233;cennie d'inertie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars dernier, l'ancien ministre uruguayen des Affaires &#233;trang&#232;res, Luis Almagro, a succ&#233;d&#233; &#224; Jos&#233; Miguel Insulza au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA). &#201;lu en 2005 puis r&#233;&#233;lu en 2010, M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'organisation continentale un acteur incontournable dans l'h&#233;misph&#232;re. En raison notamment de son manque de leadership et de la polarisation croissante entre les &#201;tats du continent, Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas pu donner une r&#233;elle impulsion &#224; l'OEA afin de sortir l'organisation de l'inertie dont elle est souvent accus&#233;e. Comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, M. Insulza n'a pas toujours re&#231;u le soutien n&#233;cessaire de la part des &#201;tats membres et c'est un probl&#232;me que pourrait bien rencontrer Luis Almagro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;ficit de leadership &lt;br class='autobr' /&gt;
La succession de Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas &#233;t&#233; marqu&#233;e par une bataille politique entre candidats ou entre pays. En effet, apr&#232;s le retrait de l'ancien ministre p&#233;ruvien des Affaires &#233;trang&#232;res, Garc&#237;a Sayan, et celui de l'ancien vice-pr&#233;sident du Guatemala, Eduardo Stein, Luis Almagro &#233;tait le seul candidat en lice pour devenir secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'OEA. Cette situation illustre parfaitement toute la r&#233;ticence des responsables politiques de la r&#233;gion &#224; s'engager durablement dans l'organisation h&#233;misph&#233;rique. Diriger une entit&#233; comme l'OEA n'est pas chose ais&#233;e et M. Insulza peut en t&#233;moigner. Apr&#232;s une d&#233;cennie &#224; la barre de l'organisation, cet ancien ministre de l'Int&#233;rieur du Chili n'a pas r&#233;ussi &#224; faire de l'OEA un acteur particuli&#232;rement pr&#233;sent et efficace dans les Am&#233;riques. &#192; titre d'exemple, l'OEA n'a pas jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans les n&#233;gociations de paix en Colombie. Alors que le Venezuela, Cuba et la Norv&#232;ge ont &#233;t&#233; des facilitateurs du dialogue entre le gouvernement colombien et les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (Farc), M. Insulza n'a pas r&#233;ussi &#224; pleinement impliquer l'OEA dans la r&#233;solution du plus vieux conflit arm&#233; des Am&#233;riques. C'est &#233;galement le cas dans le dossier des r&#233;cents efforts de rapprochement entre Cuba et les &#201;tats-Unis. Sur ce dossier aussi, Jos&#233; Miguel Insulza n'a pas su incarner l'image d'un m&#233;diateur engag&#233; et il s'est m&#234;me vu ravir la vedette par le Vatican, qui a facilit&#233; le dialogue entre La Havane et Washington, malgr&#233; le fait que ce soit sous son mandat que l'exclusion de Cuba de l'OEA a &#233;t&#233; lev&#233;e, en juin 2009. Finalement, le m&#234;me constat d'inertie peut &#234;tre fait quand l'OEA se limite &#224; &#233;mettre des condamnations ou des appels au calme lorsque surviennent des crises politiques et sociales dans les Am&#233;riques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, cette relative inertie de la seule organisation regroupant tous les pays des Am&#233;riques ne peut &#233;videmment pas s'expliquer uniquement par le manque de leadership de son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. &#192; sa d&#233;charge, Jos&#233; Miguel Insulza a &#233;galement d&#251; composer avec toute la complexit&#233; de l'OEA, qui est constitu&#233;e d'&#201;tats aux id&#233;ologies et aux int&#233;r&#234;ts difficilement conciliables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une polarisation toujours marqu&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
La fin de la guerre froide n'a pas totalement enterr&#233; les diff&#233;rends politiques et id&#233;ologiques entre les diff&#233;rents pays de l'h&#233;misph&#232;re am&#233;ricain. En effet, les Am&#233;riques donnent l'image d'un continent scind&#233; en deux avec d'une part les &#201;tats-Unis et le Canada et d'autre part le reste du continent. Cette polarisation id&#233;ologique s'illustre tr&#232;s bien par les tensions fr&#233;quentes entre les &#201;tats-Unis et des pays comme le Venezuela ou la Bolivie, notamment sur des questions relatives &#224; la d&#233;mocratie, &#224; la gouvernance et aux droits humains. L'OEA n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette polarisation, qui a constitu&#233; une entrave &#224; son action durant la derni&#232;re d&#233;cennie. Pour preuve, la Convention interam&#233;ricaine des droits de l'homme, qui constitue le principal trait&#233; du syst&#232;me interam&#233;ricain des droits de l'homme, n'est en vigueur que dans 22 des 34 pays &#201;tats membres de l'OEA, alors que le Canada et les &#201;tats-Unis ne l'ont pas ratifi&#233;e et que le Venezuela s'est retir&#233; en septembre 2013. Une telle situation constitue donc un v&#233;ritable obstacle aux efforts effectu&#233;s par l'OEA en mati&#232;re de protection des droits de l'homme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La polarisation se retrouve aussi dans un autre important enjeu pour les Am&#233;riques, &#224; savoir la lutte contre le narcotrafic. Dans un rapport sur la probl&#233;matique des drogues dans les Am&#233;riques paru en 2013, l'OEA, par la voix de son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, a appel&#233; les pays membres &#224; r&#233;fl&#233;chir sur une politique de l&#233;galisation pour lutter contre le narcotrafic face &#224; l'&#233;chec de la politique de r&#233;pression. Si les &#201;tats-Unis rejettent cat&#233;goriquement cette possibilit&#233;, de plus en plus de voix s'&#233;l&#232;vent en Am&#233;rique latine pour que le d&#233;bat sur la l&#233;galisation de certaines drogues soit ouvert. Des pays comme le Guatemala, la Colombie et m&#234;me le Mexique se sont prononc&#233;s en faveur de solutions alternatives dans la lutte contre le narcotrafic. En 2014, l'Uruguay a l&#233;galis&#233; la consommation et la production de marijuana alors qu'en f&#233;vrier dernier, la Jama&#239;que a d&#233;p&#233;nalis&#233; la consommation de marijuana en petite quantit&#233;. Tout ceci montre donc les diff&#233;rences de perceptions des &#201;tats dans la lutte contre le trafic de drogues et ceci a &#233;videmment des r&#233;percussions sur leur coop&#233;ration au sein de l'OEA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant son mandat, M. Insulza a &#233;galement d&#251; composer avec la naissance d'autres organisations qui apparaissent comme des concurrentes de l'OEA. La cr&#233;ation de la Communaut&#233; des &#201;tats latino-am&#233;ricains et carib&#233;ens en 2011, celle de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) en 2008 ou de l'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA) en 2005, a contribu&#233; &#224; la baisse de l'influence de l'OEA dans l'h&#233;misph&#232;re. L'Unasur s'est notamment plus impliqu&#233;e que l'OEA dans la crise institutionnelle au Paraguay en 2012 ainsi que dans l'actuelle crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Le lancement de ces organisations repr&#233;sente pour certains pays une forme de contestation de l'influence de Washington en Am&#233;rique latine et au sein de l'OEA, de m&#234;me qu'une affirmation de leur volont&#233; de ne plus &#234;tre des acteurs de second plan. C'est notamment le cas du Venezuela avec l'ALBA et du Br&#233;sil avec l'Unasur. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, si l'on peut reprocher un certain manque de leadership et de charisme &#224; Jos&#233; Miguel Insulza, qui n'a pas su donner &#224; l'OEA le dynamisme dont elle avait besoin, on ne peut cependant ignorer les difficult&#233;s auxquelles il a d&#251; faire face durant ses deux mandats. Toutefois, le continent am&#233;ricain pourrait difficilement se passer d'une organisation comme l'OEA, au vu des nombreux enjeux auxquels il est confront&#233;. Qu'il soit question de d&#233;mocratie, de s&#233;curit&#233;, de d&#233;veloppement, d'in&#233;galit&#233;s ou de lutte contre narcotrafic, ces enjeux n&#233;cessitent un plus grand cadre coop&#233;ratif que n'offrent l'ALBA et l'Unasur &#8211; qui sont des organisations sous-r&#233;gionales &#8211; ou la Celac, qui reste encore faiblement institutionnalis&#233;e. En plus des r&#233;formes internes qu'il voudra apporter, Luis Almagro devra redonner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; l'OEA m&#234;me si en fin de compte, comme toute organisation inter&#233;tatique, l'OEA sera ce que les &#201;tats membres voudront bien qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine </title>
		
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



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&lt;p&gt;Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine Par Mamadou Lamine Sarr* En succ&#233;dant &#224; Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela en avril 2013, Nicol&#225;s Maduro ne s'attendait probablement pas &#224; ce que son premier mandat soit marqu&#233; par une crise politique et &#233;conomique d'une telle ampleur. Depuis plus d'un an, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien fait face &#224; de nombreuses manifestations qui en appellent &#224; un changement de r&#233;gime et dont la r&#233;pression a fait plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Crise au Venezuela : un enjeu de taille pour la stabilit&#233; de l'Am&#233;rique latine &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
En succ&#233;dant &#224; Hugo Ch&#225;vez &#224; la pr&#233;sidence du Venezuela en avril 2013, Nicol&#225;s Maduro ne s'attendait probablement pas &#224; ce que son premier mandat soit marqu&#233; par une crise politique et &#233;conomique d'une telle ampleur. Depuis plus d'un an, le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien fait face &#224; de nombreuses manifestations qui en appellent &#224; un changement de r&#233;gime et dont la r&#233;pression a fait plusieurs morts. Avec l'inflation, la p&#233;nurie de denr&#233;es alimentaires, l'ins&#233;curit&#233; et la baisse du cours du p&#233;trole &#8211; qui constitue la principale ressource du pays &#8211; le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien traverse une crise sans pr&#233;c&#233;dent dont l'issue semble incertaine. Alors qu'elle semblait initialement &#234;tre limit&#233;e au Venezuela, cette crise politique et &#233;conomique constitue d&#233;sormais un v&#233;ritable enjeu pour la stabilit&#233; de la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays en difficult&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans la ville de San Crist&#243;bal, situ&#233;e dans l'&#201;tat de T&#225;chira (&#224; l'ouest du pays), qu'ont eu lieu les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes contre l'ins&#233;curit&#233;, apr&#232;s le viol d'une &#233;tudiante en f&#233;vrier 2014. Ces manifestations, qui se sont ensuite &#233;tendues &#224; Caracas, ont d'abord port&#233; sur l'ins&#233;curit&#233; avant que la libert&#233; d'expression, l'inflation et les p&#233;nuries deviennent un point central des revendications. Les manifestations contre le gouvernement de Nicol&#225;s Maduro durent ainsi depuis plus d'un an et la r&#233;pression des forces polici&#232;res s'est durcie, causant plusieurs morts et arrestations. Selon un rapport d'Amnistie internationale publi&#233; en f&#233;vrier 2015, la r&#233;pression polici&#232;re a caus&#233; 43 morts et 870 bless&#233;s. On note aussi de nombreuses arrestations politiques, comme celle de l'opposant Leopoldo Lopez, incarc&#233;r&#233; depuis l'ann&#233;e derni&#232;re. Le 19 f&#233;vrier dernier, le maire de Caracas, Antonio Ledezma, a pour sa part &#233;t&#233; plac&#233; en d&#233;tention provisoire alors qu'on l'accusait de pr&#233;parer un coup d'&#201;tat contre le pouvoir en place. &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation &#233;conomique du pays est &#233;galement tr&#232;s d&#233;licate. Selon la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Am&#233;rique latine et les Cara&#239;bes (Cepalc), le produit int&#233;rieur brut (PIB) du Venezuela a baiss&#233; de 3 % en 2014 et pour 2015, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) s'attend &#224; une chute de l'ordre de 7 %. Cette diminution de la croissance &#233;conomique s'est accompagn&#233;e d'une inflation de plus de 60 % en 2014. Le Venezuela, qui importe la majeure partie de ses produits de consommation, est aujourd'hui confront&#233; &#224; de grandes p&#233;nuries de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, ce qui s'illustre notamment par de longues files d'attente devant les magasins. Cette situation s'est aggrav&#233;e avec la chute du cours du p&#233;trole, ce qui a compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233; l'&#233;conomie du pays. En effet, l'or noir repr&#233;sente pr&#232;s de 96 % des exportations du Venezuela et la chute de son cours a entrain&#233; une baisse de revenus qui a &#233;t&#233; suivie par d'importantes coupes budg&#233;taires, notamment dans les programmes sociaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Venezuela traverse donc une crise &#224; la fois politique et &#233;conomique et rien ne semble indiquer que le pays sortira de cette impasse &#224; court terme. Les pays sud-am&#233;ricains ont fait part de leurs inqui&#233;tudes, mais ils n'ont pas encore r&#233;ussi &#224; convaincre les diff&#233;rentes parties de s'engager dans un dialogue constructif afin de mettre un terme au conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;une r&#233;gion qui s'inqui&#232;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Globalement, les pays sud-am&#233;ricains ont tard&#233; &#224; s'impliquer v&#233;ritablement dans la r&#233;solution de la crise politique au Venezuela, vraisemblablement au nom du principe de non-ing&#233;rence dans les affaires internes d'un pays souverain. Si des pays alli&#233;s au Venezuela comme Cuba, la Bolivie et l'&#201;quateur soutiennent le pr&#233;sident Maduro, d'autres pays comme le Br&#233;sil, le Chili et la Colombie sont rest&#233;s plus mesur&#233;s en appelant au dialogue. L'implication de l'Union des nations sud-am&#233;ricaines (Unasur) au d&#233;but de la crise a vite &#233;t&#233; frein&#233;e par les positions radicales des diff&#233;rentes parties. En effet, la polarisation entre le gouvernement qui crie au complot orchestr&#233; par Washington et l'opposition qui exige le d&#233;part de Nicol&#225;s Maduro, le climat d'ins&#233;curit&#233; ainsi que la situation &#233;conomique et sociale qui se d&#233;t&#233;riore constituent autant d'ingr&#233;dients qui pourraient faire en sorte que le pays devienne ingouvernable. Le Venezuela est un acteur de premier plan en Am&#233;rique du Sud et &#224; long terme, cette crise affectera indubitablement la r&#233;gion d'une mani&#232;re plus large. Le Venezuela peut-il sombrer dans la guerre civile ? S'il demeure trop t&#244;t pour l'envisager, ce sc&#233;nario ne peut &#234;tre ignor&#233;. Une telle d&#233;stabilisation du Venezuela serait un &#233;chec colossal pour la r&#233;gion, qui a connu une stabilit&#233; politique notable et des avanc&#233;es d&#233;mocratiques importantes lors des derni&#232;res d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les difficult&#233;s &#233;conomiques du Venezuela pourraient &#233;galement entrainer des cons&#233;quences importantes pour ses partenaires commerciaux dans la r&#233;gion. La r&#233;cession &#233;conomique du Venezuela constitue un frein tant pour la reprise de la croissance en Am&#233;rique latine que pour la consolidation de l'int&#233;gration r&#233;gionale, en particulier pour le March&#233; commun du Sud (Mercosur). La crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne menace &#233;galement la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique de nombreux pays d'Am&#233;rique latine pour lesquels le Venezuela s'av&#232;re &#234;tre le principal fournisseur de p&#233;trole. C'est le cas des 17 pays d'Am&#233;rique centrale et des Cara&#239;bes membres de l'alliance Petrocaribe qui profitent de taux pr&#233;f&#233;rentiels sur leur achat de p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Les difficult&#233;s &#233;conomiques du pays et la chute des cours du p&#233;trole pourraient amener le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#224; red&#233;finir les termes de cette entente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'en est-il des relations avec les &#201;tats-Unis ? La crise v&#233;n&#233;zu&#233;lienne n'a fait qu'exacerber la tension entre les deux pays. Le pr&#233;sident Barack Obama a pr&#233;sent&#233; le Venezuela comme une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale et &#224; la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis puis il a ordonn&#233; de nouvelles sanctions contre sept responsables v&#233;n&#233;zu&#233;liens accus&#233;s de violation de droits de l'homme. Le Venezuela a r&#233;agi en rappelant son charg&#233; d'affaires aux &#201;tats-Unis (les deux pays n'ont plus d'ambassades depuis 2010) et il pr&#233;voit rendre obligatoire l'obtention d'un visa pour les Am&#233;ricains qui visitent le pays. Toutefois, les &#201;tats-Unis et le Venezuela n'ont pas suspendu leurs &#233;changes commerciaux, ce qui montre que les deux pays sont conscients de leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques communs, notamment dans le secteur p&#233;trolier, malgr&#233; leurs diff&#233;rends diplomatiques. Les sanctions am&#233;ricaines n'ont fait que conforter le pr&#233;sident Maduro dans sa position, d'autant plus qu'il a re&#231;u le soutien de nombreux pays latino-am&#233;ricains qui ont d&#233;nonc&#233; les gestes de la diplomatie am&#233;ricaine. Nicol&#225;s Maduro a par ailleurs obtenu de l'Assembl&#233;e nationale l'autorisation de gouverner par d&#233;cret jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2015, au nom de la s&#233;curit&#233; et de la d&#233;fense du Venezuela. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, il est &#233;vident que le Venezuela ne r&#233;soudra pas seul la crise qu'il traverse et les pays latino-am&#233;ricains devront sans doute jouer un r&#244;le accru de m&#233;diateur. D'une part, il s'agira pour eux de montrer au gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien qu'il doit apaiser la situation en s'ouvrant davantage au dialogue et, d'autre part, de convaincre l'opposition que le d&#233;part du pr&#233;sident Maduro n'est pas l'unique issue possible du conflit. Apr&#232;s tout, le pr&#233;sident Maduro a &#233;t&#233; &#233;lu d&#233;mocratiquement, aussi contestable que cela puisse para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Uruguay : quel avenir pour l'h&#233;ritage du pr&#233;sident Jos&#233; Mujica ?</title>
		
		  <link>https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=article-ceim&amp;id_article=9652</link>
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		<dc:date>2015-02-12T15:12:03Z</dc:date>
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		<dc:creator>&lt;span class=&#034;vcard author&#034;&gt;&lt;a itemprop=&#034;author&#034; class=&#034;url fn spip_in&#034; href=&#034;https://ceim.uqam.ca/db/spip.php?page=auteur-ceim&amp;id_auteur=1228&#034;&gt;Mamadou Lamine Sarr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sid&#233; l'Uruguay de 2005 &#224; 2010, Tabar&#233; V&#225;zquez a de nouveau &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du pays lors du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 30 novembre 2014. Le candidat du Front large (gauche) l'a remport&#233; devant le candidat du Parti national (droite), Luis Lacalle Pou, avec pr&#232;s de 54 % des voix. Tabar&#233; V&#225;zquez entrera officiellement en fonction le 1er mars prochain et il succ&#232;dera ainsi &#224; Jos&#233; Mujica, qui est arriv&#233; au pouvoir en 2010 et qui ne pouvait pas se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ceim.uqam.ca/db/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Observatoire des Am&#233;riques (ODA)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pr&#233;sid&#233; l'Uruguay de 2005 &#224; 2010, Tabar&#233; V&#225;zquez a de nouveau &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence du pays lors du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 30 novembre 2014. Le candidat du Front large (gauche) l'a remport&#233; devant le candidat du Parti national (droite), Luis Lacalle Pou, avec pr&#232;s de 54 % des voix. Tabar&#233; V&#225;zquez entrera officiellement en fonction le 1er mars prochain et il succ&#232;dera ainsi &#224; Jos&#233; Mujica, qui est arriv&#233; au pouvoir en 2010 et qui ne pouvait pas se repr&#233;senter, conform&#233;ment &#224; la constitution. Le mandat de ce dernier a &#233;t&#233; marqu&#233; par l'adoption de plusieurs lois jug&#233;es progressistes en Am&#233;rique latine, &#224; savoir la l&#233;galisation du cannabis, de l'avortement et du mariage entre conjoints de m&#234;me sexe. Le prochain pr&#233;sident sera attendu sur sa gestion de l'h&#233;ritage du pr&#233;sident Mujica, mais aussi sur les questions d'&#233;ducation et de s&#233;curit&#233;, deux grandes pr&#233;occupations des Uruguayens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tabar&#233; V&#225;zquez et l'h&#233;ritage de Jos&#233; Mujica&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mandat du pr&#233;sident Mujica restera marqu&#233; comme celui lors duquel on aura vu l'Uruguay &#234;tre au centre de l'actualit&#233; r&#233;gionale et internationale sur de grands d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. Entre octobre 2012 et d&#233;cembre 2013, le pays a adopt&#233; trois lois d'une ampleur historique. Il y a d'abord eu la l&#233;galisation de l'avortement en octobre 2012, qui autorise toute femme &#226;g&#233;e d'au moins 18 ans qui le souhaite d'avorter jusqu'&#224; 12 semaines de gestation, alors que les mineures doivent avoir une autorisation parentale. Avec l'adoption de cette loi, l'Uruguay a rejoint Cuba, la Guyane et Porto Rico dans le club restreint des &#201;tats latino-am&#233;ricains qui accordent aux femmes un droit &#224; l'avortement. Il y a ensuite eu la l&#233;galisation du mariage homosexuel, qui est officiellement entr&#233;e en vigueur en ao&#251;t 2013. L'Uruguay est ainsi devenu un des seuls pays de la r&#233;gion avec l'Argentine (et quelques &#201;tats du Br&#233;sil) &#224; permettre le mariage entre personnes de m&#234;me sexe. La derni&#232;re loi d'envergure porte sur la l&#233;galisation de la production et la consommation de cannabis, qui a &#233;t&#233; adopt&#233;e en d&#233;cembre 2013. Cette loi autorise les consommateurs &#226;g&#233;s de 18 ans et plus &#224; se procurer jusqu'&#224; 40 grammes de cannabis par mois dans des pharmacies reconnues par l'&#201;tat. La production personnelle est limit&#233;e &#224; six plants de cannabis, soit 480 grammes par an, alors que les clubs form&#233;s de 15 &#224; 45 membres seront autoris&#233;s &#224; cultiver 99 plants par an. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il est issu de la m&#234;me formation politique que le pr&#233;sident Mujica, Tabar&#233; V&#225;zquez ne partage pas les m&#234;mes points de vue que le pr&#233;sident sortant, notamment concernant la loi sur l'avortement et celle sur le cannabis. Comme c'&#233;tait le cas lors de son premier mandat pr&#233;sidentiel (2005-2010), Tabar&#233; V&#225;zquez reste oppos&#233; &#224; l'avortement ainsi qu'&#224; la production et la vente de cannabis. Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, il a affirm&#233; que son administration &#233;valuerait l'impact r&#233;el de la l&#233;galisation du cannabis sur la soci&#233;t&#233; uruguayenne. Il sera donc int&#233;ressant de pr&#234;ter une attention particuli&#232;re &#224; ce que fera le pr&#233;sident V&#225;zquez par rapport &#224; ces lois, qui constituent les mesures phares de la pr&#233;sidence de Jos&#233; Mujica. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ces grands enjeux de soci&#233;t&#233;, l'arriv&#233;e d'anciens d&#233;tenus de la prison am&#233;ricaine de Guantanamo en sol uruguayen sera une question centrale pour le pr&#233;sident V&#225;zquez. En d&#233;cembre 2014, l'Uruguay a accueilli six anciens prisonniers de Guantanamo (un Palestinien, un Tunisien et quatre Syriens) qui b&#233;n&#233;ficient du statut de r&#233;fugi&#233;. L'Uruguay est le premier pays d'Am&#233;rique latine &#224; recevoir des d&#233;tenus de Guantanamo, mais cette d&#233;cision du pr&#233;sident Mujica est loin de faire l'unanimit&#233; dans la population. Assisterons-nous &#224; d'autres arriv&#233;es sous Tabar&#233; V&#225;zquez, qui s'est montr&#233; favorable &#224; cette d&#233;cision du pr&#233;sident Mujica ? Il est tout &#224; fait &#224; propos de se poser cette question lorsqu'on sait que Washington a beaucoup de mal &#224; trouver des pays dispos&#233;s &#224; accueillir d'anciens d&#233;tenus de cette prison controvers&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tabar&#233; V&#225;zquez devra donc apporter des r&#233;ponses aux nombreuses interrogations quant &#224; la suite qu'il donnera aux grandes r&#233;formes de son pr&#233;d&#233;cesseur. Il h&#233;rite d'un pays en bonne sant&#233; &#233;conomique avec une croissance annuelle de 3 % et un taux de ch&#244;mage de 6,7 %, malgr&#233; un taux d'inflation qui avoisine les 10 % en 2014. Il aura la lourde t&#226;che de consolider ces avanc&#233;es &#233;conomiques alors que la croissance tarde &#224; reprendre en Am&#233;rique du Sud. Il devra aussi lutter contre les probl&#232;mes du pays en mati&#232;re d'&#233;ducation et de s&#233;curit&#233;, deux domaines qui constituent le talon d'Achille du pr&#233;sident Mujica et plus g&#233;n&#233;ralement, de la gauche uruguayenne depuis dix ans. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ducation et s&#233;curit&#233; : les points faibles de la gauche uruguayenne&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'Uruguay est souvent cit&#233; comme mod&#232;le en mati&#232;re de droits de l'homme, ceci n'est pas le cas dans le domaine de l'&#233;ducation, o&#249; le pays accuse un retard important par rapport &#224; ses voisins, malgr&#233; de nombreuses initiatives. &#192; titre d'exemple, en 2007, le gouvernement uruguayen a lanc&#233; &#171; le plan Ceibal &#187;, qui pr&#233;voyait l'octroi d'un ordinateur par &#233;l&#232;ve du primaire et du secondaire, ce qui a permis de baisser significativement la fracture num&#233;rique qui r&#233;gnait jusque-l&#224; dans le pays. Toutefois, le taux de redoublement &#233;lev&#233; au primaire (jusqu'&#224; 57,4 % dans certains &#233;tablissements) retarde l'entr&#233;e au secondaire et l'importance du d&#233;crochage au secondaire (seul un adolescent sur trois termine le cycle secondaire) constituent des obstacles majeurs &#224; l'am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif uruguayen. Selon le rapport 2012 du Programme international pour le suivi des acquis des &#233;l&#232;ves (PISA) publi&#233; par l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE), l'Uruguay est un des deux pays latino-am&#233;ricains, avec le Costa Rica, o&#249; le niveau des &#233;l&#232;ves a baiss&#233; en math&#233;matiques, en sciences et en langues. Il ne s'agit l&#224; que de quelques exemples servant &#224; illustrer les difficult&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif de l'Uruguay et auxquelles devra n&#233;cessairement s'attaquer le pr&#233;sident V&#225;zquez. &lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre l'ins&#233;curit&#233; sera aussi &#224; l'ordre du jour du nouveau pr&#233;sident. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, les cas de vols sont pass&#233;s de 7000 &#224; 20 000 par an &#224; l'&#233;chelle du pays. Entre 1990 et 2012, le taux d'homicide a augment&#233; de 79 %. En 2014, on comptait 8 homicides par tranche de 100 000 habitants. Certes, l'Uruguay n'a pas les m&#234;mes probl&#233;matiques s&#233;curitaires que des pays comme le Br&#233;sil, le Venezuela ou le Mexique, mais elle doit faire face &#224; une mont&#233;e de la violence et ceci s'av&#232;re &#234;tre un d&#233;fi que devra relever Tabar&#233; V&#225;zquez. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, cette victoire de Tabar&#233; V&#225;zquez vient consolider l'&#233;mergence de la gauche uruguayenne, au pouvoir depuis maintenant dix ans. Au-del&#224; des probl&#233;matiques internes, le pr&#233;sident V&#225;zquez devra &#233;galement veiller &#224; ce que son pays s'affirme davantage comme un leader au sein du March&#233; commun du Sud (Mercosur). Il devra aussi continuer de discuter avec l'Argentine pour &#233;viter de nouvelles tensions concernant &#171; la guerre du papier &#187;, un diff&#233;rend qui porte sur la pr&#233;sence contest&#233;e par l'Argentine de deux usines polluantes de la papeterie finlandaise UPM sur le c&#244;t&#233; uruguayen des rives du fleuve Uruguay, qui s&#233;pare les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique &#224; l'Universit&#233; Laval et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines (CEI)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff : quelles cons&#233;quences sur la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne ?</title>
		
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		<description>&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de la r&#233;&#233;lection de Dilma Roussef &#224; la t&#234;te du Br&#233;sil&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CHRONIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;&#233;lection de Dilma Rousseff : quelles cons&#233;quences sur la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Mamadou Lamine Sarr*&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 26 octobre dernier, la pr&#233;sidente sortante et candidate du Parti des travailleurs (PT), Dilma Rousseff, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle br&#233;silienne avec 51 % des voix, devant le candidat du Parti de la social-d&#233;mocratie br&#233;silienne (PSDB), A&#233;cio Neves. Pour ce nouveau mandat de quatre ans, Dilma Rousseff est attendue sur divers enjeux nationaux dont la relance &#233;conomique, la lutte contre la corruption, les in&#233;galit&#233;s et l'ins&#233;curit&#233;, mais elle sera aussi jug&#233;e sur sa politique &#233;trang&#232;re. Au vu des efforts entrepris par le Br&#233;sil ces derni&#232;res d&#233;cennies pour s'affirmer comme un acteur majeur sur la sc&#232;ne internationale, la politique &#233;trang&#232;re constituera un barom&#232;tre incontournable au moment du bilan. La consolidation du March&#233; commun du Sud (Mercosur), les relations avec les &#201;tats-Unis, la coop&#233;ration Sud-Sud et les relations avec les pays &#233;mergents sont autant d'enjeux sur lesquels Mme Rousseff devra se pencher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique &#233;trang&#232;re h&#233;rit&#233;e de Lula &lt;br class='autobr' /&gt;
En succ&#233;dant &#224; Luiz In&#225;cio Lula da Silva &#224; la pr&#233;sidence br&#233;silienne en janvier 2011, Dilma Rousseff s'&#233;tait engag&#233;e &#224; poursuivre la politique &#233;trang&#232;re de son pr&#233;d&#233;cesseur. Comme c'&#233;tait le cas sous Lula, il s'agissait pour Mme Rousseff de positionner le Br&#233;sil comme un interlocuteur cr&#233;dible et autonome face aux pays occidentaux, en particulier les &#201;tats-Unis. Elle a ainsi poursuivi l'articulation de la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne autour de trois axes principaux : la consolidation de la coop&#233;ration en Am&#233;rique du Sud, le renforcement des relations avec les pays du BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et avec les pays du Sud (notamment les pays africains) ainsi que le renforcement de la pr&#233;sence br&#233;silienne dans les organisations internationales. Cependant, la pr&#233;sidente Rousseff a beaucoup souffert des comparaisons avec son pr&#233;d&#233;cesseur et son d&#233;ficit de charisme par rapport &#224; Lula a souvent &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un frein &#224; la politique &#233;trang&#232;re &#171; active et fi&#232;re &#187; instaur&#233;e par l'ancien pr&#233;sident. De plus, on lui a souvent reproch&#233; d'avoir trop marginalis&#233; la politique &#233;trang&#232;re du pays au profit de la politique interne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Principaux enjeux de la politique &#233;trang&#232;re br&#233;silienne jusqu'en 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un des principaux enjeux dont le Br&#233;sil doit se soucier sur la sc&#232;ne internationale reste l'int&#233;gration en Am&#233;rique du Sud, notamment au sein du March&#233; commun du Sud (Mercosur). D'ailleurs, le Mercosur a entam&#233; une consolidation de ses relations avec d'autres blocs r&#233;gionaux, comme l'atteste la cr&#233;ation en juillet 2014 d'une zone &#233;conomique compl&#233;mentaire (ZEC) avec l'Alliance bolivarienne pour les Am&#233;riques (ALBA), la Communaut&#233; carib&#233;enne (Caricom) et Petrocaribe. Il est clair que l'avenir de cette ZEC d&#233;pend en grande partie de l'action de la premi&#232;re puissance &#233;conomique de la r&#233;gion, puisque le Br&#233;sil assurera de janvier &#224; juin 2015 la pr&#233;sidence tournante du Mercosur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidence br&#233;silienne du Mercosur sera &#233;galement attendue sur son rapprochement avec l'Alliance du Pacifique (AP), qui regroupe le Chili, la Colombie, le Mexique et le P&#233;rou. Ces derniers mois, la pr&#233;sidente chilienne, Michelle Bachelet, a multipli&#233; les appels pour une convergence des deux ensembles. La pr&#233;sidente Rousseff avait r&#233;pondu favorablement &#224; cet appel en proposant que l'abaissement des droits de douane avec les pays de l'AP pr&#233;vu en 2019 soit effectif d&#232;s 2015. Si l'on ne peut ignorer les limites d'une telle convergence, notamment en raison des diff&#233;rences id&#233;ologiques entre le Mercosur et l'AP, n'emp&#234;che que le rapprochement entre ces deux blocs, qui repr&#233;sentent 80 % du commerce ext&#233;rieur et pr&#232;s de 90 % du produit int&#233;rieur brut de l'Am&#233;rique latine, serait un v&#233;ritable catalyseur de l'int&#233;gration r&#233;gionale. Ceci permettrait au Br&#233;sil de renforcer sa pr&#233;sence &#233;conomique et commerciale dans la r&#233;gion, au moment o&#249; les &#201;tats-Unis, la Chine et la Russie y sont de plus en plus actifs. Par ailleurs, le Br&#233;sil devra aussi s'affairer &#224; convaincre les autres pays du bloc, en particulier l'Argentine, de conclure un accord de libre-&#233;change avec l'Union europ&#233;enne (UE) et dont les n&#233;gociations durent depuis pr&#232;s de 15 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid des relations avec les &#201;tats-Unis ? Les r&#233;v&#233;lations en 2013 sur l'espionnage des communications de la pr&#233;sidente br&#233;silienne et de la compagnie Petrobras par l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; am&#233;ricaine (NSA) ont jet&#233; un froid diplomatique entre les deux &#201;tats. L'annulation du voyage officiel de la pr&#233;sidente Rousseff aux &#201;tats-Unis qui &#233;tait pr&#233;vu en octobre 2013 &#224; la suite du refus du pr&#233;sident Obama de pr&#233;senter des excuses a marqu&#233; l'ampleur de la tension qui r&#232;gne entre les deux nations. Au-del&#224; des excuses, Dilma Rousseff souhaite aussi une reconnaissance de son pays comme un partenaire de premi&#232;re importance par Washington ainsi qu'un soutien dans sa qu&#234;te d'obtenir un si&#232;ge permanent au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies. Pour le moment, rien n'indique que Washington est pr&#234;t &#224; satisfaire les exigences br&#233;siliennes ou que la pr&#233;sidente Rousseff est dispos&#233;e &#224; faire table rase de cet &#233;pisode. Si elles souhaitent consolider leur coop&#233;ration &#233;conomique et commerciale, les deux plus grandes puissances &#233;conomiques des Am&#233;riques devront pourtant d&#233;passer ce statu quo diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre enjeu sur lequel Dilma Rousseff sera certainement active comme ce fut le cas lors de son premier mandat concerne le renforcement du BRICS. Le Br&#233;sil parie sur le fait qu'une red&#233;finition de l'&#233;chiquier international avec un BRICS plus autonome et plus influent ne peut que l'aider &#224; atteindre ses objectifs sur la sc&#232;ne internationale. &#192; titre d'exemple, lors du dernier sommet des BRICS organis&#233; &#224; Fortaleza (Br&#233;sil) en juillet dernier, les pays membres ont lanc&#233; la Nouvelle banque de d&#233;veloppement (NBD), qui disposera d'un capital initial de 50 milliards $ US qui servira &#224; financer des projets d'infrastructures. La NBD aura &#233;galement un fonds de r&#233;serve de 100 milliards $ US qui permettra aux pays membres de faire face &#224; d'&#233;ventuelles crises financi&#232;res. Pour Brasilia, ceci constitue une r&#233;ponse &#224; l'opposition des &#201;tats-Unis sur la question de la r&#233;forme des droits de vote au sein de la Banque mondiale et du Fonds mon&#233;taire international (FMI). Avec ce type d'initiative, le Br&#233;sil esp&#232;re asseoir sa position parmi les grandes puissances et la consolidation du BRICS sera sans doute un axe fort de la diplomatie br&#233;silienne pour ce second mandat de Dilma Rousseff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la coop&#233;ration avec les pays du Sud, en particulier avec l'Afrique, sera certainement poursuivie. Certes, Dilma Rousseff s'est personnellement moins engag&#233;e que ne l'avait fait Lula dans le rapprochement avec l'Afrique, mais cet enjeu demeure une des priorit&#233;s de la politique &#233;trang&#232;re du pays. Les difficult&#233;s &#233;conomiques que connait actuellement Br&#233;sil ont eu pour effet de compromettre le renforcement de la politique d'aide au d&#233;veloppement &#224; l'Afrique, mais au vu des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et commerciaux br&#233;siliens en Afrique puis de la s&#233;curit&#233; dans l'Atlantique Sud, la consolidation des liens avec l'Afrique est un d&#233;fi que la pr&#233;sidente Rousseff devra relever. La l&#233;gitimit&#233; de l'aspiration internationale du Br&#233;sil passe aussi par sa capacit&#233; &#224; tenir ses engagements en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re et le rapprochement avec l'Afrique en est une depuis une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Mamadou Lamine Sarr &#8211; Candidat au doctorat en science politique et auxiliaire de recherche au Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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